19/04/2025
[1/5] Le pneuma dans la pensée grecque
Chez les Grecs antiques, le souffle (pneuma) est un principe vital reliant corps, âme et cosmos. De Homère à Platon, il incarne l’énergie de la vie, la séparation de l’âme et le lien entre respiration, création et quête de vérité.
[1/5] Le pneuma dans la pensée grecque
Le souffle, ou pneuma, était considéré par les Grecs antiques comme l’élément fondamental agissant sur le corps et l’esprit. Un flux vital qui incarnait l’énergie primordiale reliant l’homme à l’univers, à l’ordre cosmique.
Dans l’Iliade, ce lien se manifeste de façon saisissante dans la poésie du combat. Par exemple, Homère décrit en ces termes le moment où la vie se retire du corps d’un guerrier : « Son âme, quittant ses membres, s’envole vers Hadès. » Une image qui exprime la séparation entre l’enveloppe corporelle et cette essence indéfinissable, fragile et sacrée, qui fait l’identité de l’être.
D’autres ont envisagé le souffle comme l’insufflation divine qui met en mouvement l’univers. Hésiode par exemple, dans sa Théogonie, décrit la manière dont, « dès que les dieux insufflèrent leur souffle, la vie prit forme dans le tumulte du Chaos » : l’acte de respirer devient ici la première manifestation de la création, établissant un lien entre l’humain et les forces divines. Platon quant à lui, dans Phèdre, fait s’attarder le dialogue sur la relation entre le souffle et l’âme, entre la vie et la quête de vérité : « Le souffle, en animant le corps, révèle la voix de l’âme et sa quête de vérité. ».
Ces textes, en témoignant d’une compréhension intuitive chez les Grecs des liens entre respiration, vie et ordre cosmique, sont une invitation à penser la valeur du souffle.