24/06/2025
[6/6] Notes de Madame Paule Sandra sur les écrits de Taisen Deshimaru (suite)
D’après Taisen Deshimaru, absorption et rejet sont toujours en équilibre, mais les conditions de la civilisation moderne détruisent les composants de cet équilibre : on veut toujours avoir des objets, du pouvoir, autrui... On ne pense guère en termes d’être, de même lorsqu’on est malade, faible, triste ou concentré sur son petit moi, on porte l’accent sur l’inspiration et cela affaiblit encore l’organisme.
C’est en pratiquant l’opposé que l’on peut recevoir la véritable énergie. Si l’expiration est juste, l’inspiration se fait automatiquement, inconsciemment. Cette méthode de respiration centrée sur la longueur de l’expiration est la clef de la santé et le secret de la longévité, mais sa maîtrise est un apprentissage qui demande du temps et de l’entraînement.
Taisen Deshimaru insiste sur le fait qu’il ne faut pas vouloir stopper les pensées, car c’est aussi penser. Il faut se concentrer sur la colonne vertébrale et sur la respiration. Lorsque la posture est juste, la tension musculaire correcte, le subconscient remonte à la surface.
Les occidentaux n’aiment pas ce qui se répète, alors que justement la répétition mobilise l’inconscient profond… Et si le cortex est au repos, le cerveau primitif, lui, est actif pendant la pratique. L’augmentation du débit sanguin apporte plus d’oxygène aux tissus, le système nerveux autonome est plus efficace, et les hormones sécrétées favorisent un état de détente. Le centre de gravité se déplace vers le bas de l’abdomen, et c’est là que se développent l’énergie, la force, la solidité, la résistance, l’endurance…
20/06/2025
[5/6] Notes de Madame Paule Sandra sur les écrits de Taisen Deshimaru
La respiration Zen n’est comparable à aucune autre. Elle vise avant tout à établir un rythme lent, puissant et naturel. Si l’on est concentré sur une expiration longue, douce et profonde, l’attention rassemblée sur la posture, alors l’inspiration viendra naturellement. On « pousse sur les intestins », provoquant ainsi un salutaire massage des organes internes. Les Maîtres comparent le souffle Zen au mugissement de la vache ou à l’expiration du bébé qui crie aussitôt né. Ce souffle, c’est le OM, c’est la source de la vie.
Si posture et respiration sont justes, l’esprit retrouve sa condition naturelle. Dans le chant des Sutras, la voix provient du bas du ventre et non de la gorge comme dans le chant occidental. Retrouvez l’accord du souffle avec l’instant présent, et tout devient juste.
16/06/2025
[4/6] Les arts martiaux
Dans les arts martiaux japonais, le souffle est au cœur du geste.
Plus encore : il est le geste.
Un coup ne part jamais seul. Il est précédé d’un silence, d’une écoute, et d’une expiration.
On apprend à respirer comme on apprend à frapper : avec maîtrise, précision, conscience.
Dans l’aïkido, le souffle se fond dans la spirale.
Dans le kendō, il coupe avec le sabre.
Dans le karaté, il donne au kiai sa force tranchante.
La maîtrise du souffle n’est pas là pour calmer, mais pour aligner. Ce n’est pas une technique, c’est un axe. Corps, intention, mouvement… Tout commence au moment où l’on expire.
Le maître Takuan Sōhō écrivait : « L’esprit ne doit s’arrêter nulle part. » Et pour cela, le souffle ne doit pas être retenu. Il circule, relâche et guide.
On expire pour frapper.
On expire pour ne pas chuter, solide comme un roc.
Si on tombe sur une inspiration, on expire pour se relever.
On expire pour pousser le cri martial (le kiai).
Chaque respiration devient un acte de présence face à l’imprévu.
Dans les arts martiaux japonais, il ne s’agit pas de vaincre l’autre, mais de ne pas se perdre soi-même dans le tumulte. Et parfois, dans ce chaos apparent, une simple expiration suffit à retrouver l’essentiel : un centre, un calme, une justesse.
11/06/2025
[3/6] La calligraphie
Il y a dans la calligraphie japonaise (ou shodō) une forme de silence.
Pas celui de l’absence, mais celui qui précède le geste, quand le souffle s’installe et que l’encre attend.
Avant chaque trait, le calligraphe respire. Et dans cette respiration réside une décision viscérale. C’est là que tout commence.
Au moment précis de l’expiration, le pinceau entre en mouvement. Ni trop tôt, ni trop tard. Le souffle guide la main et l’artiste, en silence, laisse s’exprimer ce qui ne peut être dit autrement. Le corps tout entier s’accorde à cet instant.
On dit que le pinceau suit le souffle, et que le souffle révèle l’esprit. C’est là toute la philosophie du shodō : inscrire dans la matière une énergie invisible, vivante (le ki).
Chaque ligne est un souffle devenu forme. Rien n’est effacé, rien n’est repris. Chaque trait est unique, irréversible. Comme le souffle qu’on vient d’offrir.
Ce n’est pas une performance, c’est une présence. Il faut être pleinement là, et oser le trait.
Une respiration engage tout l’être. On n’écrit pas un mot : on trace un état intérieur. Et plus le souffle est calme, plus l’encre parle juste.
Alors on comprend que calligraphier, ce n’est pas apprendre à bien former les caractères, mais c’est apprendre à habiter son souffle. À l’écouter, à le suivre, à lui faire confiance. Calligraphier, c’est ralentir jusqu’à sentir. Jusqu’à entendre, dans le geste, le souffle qui nous relie au vivant.
07/06/2025
[2/6] La cérémonie du thé
Dans la tradition japonaise, préparer le thé est un art, mais aussi une manière de respirer.
Dans la cérémonie du thé, chaque geste est une réponse au souffle. L’hôte s’arrête et expire avant d’ouvrir la porte, avant de verser le thé, de le fouetter et de le servir, avant d’incliner le bol, et en déposant la louche en bambou avec une lenteur précise.
On ne se précipite pas. Le souffle descend, l’expiration s’allonge et guide le rythme, comme un fil invisible entre les choses. Et dans cet espace vidé de tout superflu, chaque souffle devient un acte de présence, et chaque acte une forme d’offrande.
Rikyu, maître de thé du XVIe siècle, disait : « Prépare le thé avec ton cœur, pas seulement tes mains. » Et le cœur, ici, respire. Non pas pour exister, mais pour s’effacer doucement dans la justesse du moment.
Il s’agit de ne pas en faire trop, de faire exactement ce qu’il faut, au bon moment. Et ce moment, on ne le décide pas : on le sent avec le souffle.
Dans le sadō (l’art traditionnel japonais de la cérémonie du thé), l’expiration n’est pas un détail. C’est un outil de concentration, d’écoute, d’harmonisation. C’est elle qui permet à l’hôte et à l’invité de se rencontrer dans un même tempo, où tout ralentit, s’apaise, se simplifie.
Car offrir le thé, c’est offrir un souffle de paix.
04/06/2025
[1/6] Respiration et méditation
Historiquement perçu comme l’incarnation de l’énergie vitale, ou « ki », le souffle a toujours occupé une place centrale dans la culture japonaise. Dès les temps anciens, sous l’influence des traditions shintoïstes et de pratiques animistes, il était considéré comme le lien mystique entre l’humain et l’univers.
Avec l’arrivée du bouddhisme zen, l’importance du souffle s’est vue renforcée par la pratique du zazen, une méditation assise consistant à observer son souffle naturel afin de s’ancrer dans l’instant présent. Ici, le souffle devient un fil conducteur entre le corps et l’esprit, guidant le méditant vers une pleine présence et une conscience approfondie de soi.
Des figures telles que Taisen Deshimaru et Kodo Sawaki ont insisté sur l’idée que chaque respiration peut devenir un chemin d’éveil, une manière de transcender les artifices du mental pour atteindre la clarté et l’authenticité. Exemples de pragmatisme, ils considéraient que le souffle permettait de se débarrasser du superflu pour atteindre un haut degré de concentration.
Taisen Deshimaru a fait connaître Za-Zen à l’Occident dans les années 1970. Il présente le souffle comme une force vitale qui, par le rythme naturel des inspirations et des expirations, nous ramène à l’instant présent et fait de l’acte de respirer un chemin vers la connaissance de soi. Sa pratique montre l’importance de l’expiration, qu’il décrit comme la phase la plus puissante pour l’équilibre de l’organisme.
Kodo Sawaki, quant à lui, invitait par sa pratique du shikantaza à laisser le souffle se déployer librement lorsque le corps se tient en équilibre. Dans cette approche, la respiration naturelle est une méditation en soi, révélant une présence innée qui libère l’esprit du mental.
En écoutant notre souffle, nous découvrons ainsi un pont vers une vie plus consciente et harmonieuse.
12/05/2025
[5/5] L’héritage de la pensée grecque
Le souffle, pour les Grecs, était un feu discret, une vibration du vivant. Il circulait entre les dieux et les hommes, la parole et le silence, la pensée et la chair.
Chez Homère qui voyait le souffle quitter le héros au moment de sa mort, Platon qui le faisait s’élever avec l’âme vers le monde des formes, et les stoïciens qui reconnaissaient en lui la trame du cosmos, le souffle était vital mais aussi structurant.
De cette vision, nous avons hérité l’intuition que la respiration touche à l’ensemble du corps et de l’âme. Qu’elle est une dynamique intérieure, une manière d’habiter le monde.
Mais depuis l’Antiquité et au gré des progrès techniques, la médecine aurait pu explorer davantage et rendre plus perceptibles les différences entre respiration profonde et respiration partielle. Le timbre de la voix a par exemple été trop souvent rapporté aux seules cordes vocales ; la soufflerie et la vibration de l’air ont glissé en arrière-plan. Et nous avons oublié d’interroger le souffle comme principe vivant.
Aujourd’hui, la pratique de la respiration profonde invite à expérimenter la puissance d’une respiration habitée, connue, dirigée, magnifiée. Pour la santé, car une respiration maîtrisée engage le cœur, le système nerveux, l’équilibre hormonal, les systèmes digestif et immunitaire... Mais aussi pour se connecter tant à soi qu’au monde qui nous entoure, et y trouver notre stabilité.
Elle invite à redécouvrir ce que la pensée grecque pressentait, à savoir que la qualité du souffle engage la qualité de vie, de parole, de pensée, et que le souffle ne demande pas seulement à être mesuré : il demande à être vécu et entendu.
06/05/2025
[4/5] L’éternuement de Télémaque
Après vingt ans d’absence, Ulysse est rentré, mais Ithaque ne le reconnaît pas encore. Déguisé en mendiant, il marche dans sa propre maison comme une ombre. Il observe, attend, tandis que les prétendants arrogants qui convoitent son épouse Pénélope festoient.
Celle-ci, fidèle et lasse, murmure son vœu secret : que ces hommes disparaissent, que l’ordre ancien reprenne sa place.
Elle ignore que son destin est en marche. L’époux est là, le dieu veille, l’histoire retient son souffle. Et soudain, son fils Télémaque éternue avec fracas. Une secousse qui ébranle toute la maison, comme un éclair venu frapper l’instant.
Dans le silence et la résignation, c’est un cri du destin qui a surgi. Pénélope s’arrête, saisie : ce n’est pas un hasard, c’est un souffle divin, un présage salvateur envoyé par l’invisible. Les dieux l’ont entendue et annoncent une libération prochaine. Dans un éclat de rire, elle prophétise : « Mon fils a éternué à l’instant : que la mort frappe les prétendants ! » (Odyssée, chant XVII)
Le voile du doute, enfin, se dissipe.
Dans la culture grecque, le souffle est un fil tendu entre l’humain et le divin, et l’expiration spontanée, l’éternuement et le rire sont l’expression d’une délivrance profonde à la fois de la personne et de la situation. Cet épisode rappelle que le souffle projeté hors de nous permet de nous libérer, de rendre le réel plus perceptible et, peut-être, d’agir de manière plus adaptée aux situations que nous rencontrons.
01/05/2025
[3/5] Ulysse et les vents d’Éole
Dans l’Odyssée, alors que son périple le mène vers Ithaque, Ulysse accoste sur l’île d’Éolie, royaume d’Éole, le maître des vents. Accueilli avec hospitalité, il partage ses récits d’aventure tandis qu’Éole, séduit par sa ruse et son courage, lui offre une outre en cuir scellée par un fil d’argent. Ce sac, renfermant tous les vents, est destiné à retenir les bourrasques indésirables et à ne libérer que le vent d’ouest, synonyme pour Ulysse de retour vers Ithaque.
Pendant neuf jours, la traversée se fait sous l’impulsion d’un souffle équilibré. Mais, lorsque le dixième jour arrive et que la terre promise se dessine au loin, Ulysse succombe à un sommeil profond. Ses compagnons, envahis par la curiosité et la méfiance, en profitent pour ouvrir le sac.
Aussitôt, les vents captifs se déversent avec une force déchaînée. La tempête balaie les voiles et pousse le navire bien loin de sa trajectoire initiale. Ce revirement tragique transforme le don en malédiction, condamnant Ulysse et son équipage à un nouveau tourbillon d’épreuves.
Ce récit rappelle que chaque souffle, qu’il soit doux ou tempétueux, incarne la puissance mystérieuse de la nature et qu’un souffle rassemblé, maîtrisé, nous dirige vers une destination favorable. Il illustre avec intensité le lien qui était établi dans la Grèce antique entre le contrôle des vents, le contrôle du souffle et de l’ordre du monde.
23/04/2025
[2/5] Le vent dans la pensée grecque
Pour les Grecs, le vent était l’expression extérieure du principe vital qui animait l’être humain. Force mouvante qui ébranlait les voiles et faisait vibrer les arbres, il portait aussi en lui une charge symbolique et prophétique, liant le monde intérieur de l’homme à l’immensité de l’univers, l’ordre naturel à l’intervention divine.
Les Grecs personnifiaient ce flux par les Anémoi, des dieux régissant les directions du vent : Boreas, le vent du nord, évoquait le froid mordant de l’hiver ; Zéphyr, le vent de l’ouest, symbolisait la légèreté du renouveau printanier ; Notos, le vent du sud, était associé à la chaleur et aux orages estivaux ; Euros, le vent de l’est, présageait des perturbations de l’automne. Sans oublier Éole, le maître des vents, gouverneur divin de l’ordre naturel…
Dans certains récits antiques – tels que ceux consignés par Apollonios de Rhodes dans les Argonautiques –, ces divinités rappellent que les caprices du vent peuvent changer le destin des navigateurs et influencer la fertilité des terres. Les Grecs voyaient dans son mouvement une force à la fois bénéfique et redoutable, symbolisant la faveur ou la colère des dieux.
Dans la pensée grecque, ce vent semblant murmurer des messages divins était donc l’expression tangible d’un ordre cosmique orchestré par des puissances divines.
19/04/2025
[1/5] Le pneuma dans la pensée grecque
Le souffle, ou pneuma, était considéré par les Grecs antiques comme l’élément fondamental agissant sur le corps et l’esprit. Un flux vital qui incarnait l’énergie primordiale reliant l’homme à l’univers, à l’ordre cosmique.
Dans l’Iliade, ce lien se manifeste de façon saisissante dans la poésie du combat. Par exemple, Homère décrit en ces termes le moment où la vie se retire du corps d’un guerrier : « Son âme, quittant ses membres, s’envole vers Hadès. » Une image qui exprime la séparation entre l’enveloppe corporelle et cette essence indéfinissable, fragile et sacrée, qui fait l’identité de l’être.
D’autres ont envisagé le souffle comme l’insufflation divine qui met en mouvement l’univers. Hésiode par exemple, dans sa Théogonie, décrit la manière dont, « dès que les dieux insufflèrent leur souffle, la vie prit forme dans le tumulte du Chaos » : l’acte de respirer devient ici la première manifestation de la création, établissant un lien entre l’humain et les forces divines. Platon quant à lui, dans Phèdre, fait s’attarder le dialogue sur la relation entre le souffle et l’âme, entre la vie et la quête de vérité : « Le souffle, en animant le corps, révèle la voix de l’âme et sa quête de vérité. ».
Ces textes, en témoignant d’une compréhension intuitive chez les Grecs des liens entre respiration, vie et ordre cosmique, sont une invitation à penser la valeur du souffle.
17/07/2024
BILAN DE L’ANNEE SUR NOTRE TRAVAIL RESPIRATOIRE
"Concernant la gymnastique respiratoire, elle m'a mis face à mes plus grands chantiers qui sont la rigueur, l'exigence de soi, le dépassement de soi. Physiquement, ça m'a mis face à mes démobilisations, mes lacunes musculaires. Je fais du théâtre de manière intensive depuis 10 ans, et pourtant à aucun moment de mon parcours n'ai-je reçu un enseignement aussi précis sur le corps et la technique de respiration à mettre en lien direct avec le jeu; j'ai donc trouvé des subterfuges pour palier à ce manque, qui arrivent à leurs limites quand il s'agit d'interprétation nuancée, profonde, vivante. Or, c'est exactement ce que je vise, ce que j'aime au théâtre, un jeu qui paraît simple, organique, détendu.
Comme je n'avais pas les clés techniques, je travaille depuis plusieurs années à me détendre ce qui a entraîné une démobilisation, que je suis heureuse de découvrir aujourd'hui. Pendant les séances de gymnastique respiratoire, je vois une nette différence avec le début de l'année, où je ne faisais pas tout par "peur de ne pas y arriver", aujourd'hui je fais plusieurs équilibres, je tiens les battements, je pense que je peux le faire, plutôt que pas.
Car, en réalité, c'est pour moi que je fais ce travail, donc si je ne me pousse pas, personne ne le fera, si je pense que je ne mérite pas de progresser, je ne le ferai pas et c'est à moi de mettre la barre plus haut que ce que je ne faisais avant.
Dans la vie, cette pratique m'apporte donc une envie d'être plus exigeante avec moi-même, dans le bon sens du terme, afin de me dépasser. Je fais beaucoup plus de marche à pied, du vélo, je me suis constituée un petit training quotidien incluant de la respiration, je me sens plus "courageuse", plus forte physiquement. Au travail (je suis ouvreuse), je m'essouffle moins, j'ai découvert une autorité que je n'avais pas, avec les spectateurs les plus turbulents, j'alterne des petits moments de courses pour remonter l'allée centrale et une prise en charge de spectateur et j'utilise la course associée à ma respiration pour bien placer ma voix, dans les graves, et projetée.
J'ai vécu une épreuve difficile il y a 4 mois et j'ai senti que j'étais finalement plus forte que ce que je n'imaginais, et j'ai envie de continuer dans cette voie. Je crois que c'est très important que je gagne cette rigueur aujourd'hui, je le sens. Ca commence très concrètement dans les cours de gymnastique respiratoire, puis ça se décline à tout le reste dans la vie.
Dans le travail de l’interprétation, ça me donne moins un sens de "au hasard", ça rend responsable de ce qu'on produit et c'est agréable. Cependant, au stade où j'en suis, je sens que c'est une matière très fine, que je trouve et perds, j'ai du mal à fixer les choses. On me trouve parfois déconcentrée, pas assez consciencieuse, alors qu'à l'intérieur j'ai l'impression de faire mon maximum. Mais, quand je vais chercher vraiment au fond de moi, je sens la différence. Ca peut s'apparenter à une sorte de paresse inconsciente. Néanmoins, je suis contente car je sens la mise en pratique de la gymnastique respiratoire dans mon travail et ça m'aide.
L'année prochaine, j'aimerais faire davantage de travail de phonation car je sens que c'est plus difficile pour moi de sortir une belle voix claire et forte. Parfois, elle sort quand je suis bien mobilisée, mais comme je le disais plus haut, je n'arrive pas totalement à contrôler cet endroit de mobilisation en jeu. J'aimerais bien qu'on refasse du travail de texte, pour mettre en lien direct la gymnastique respiratoire et le texte.
Merci pour cette année, et vivement les prochaines !"
Claire
05/07/2024
BILAN DE L’ANNEE SUR NOTRE TRAVAIL RESPIRATOIRE
La gymnastique respiratoire
Elle m'a été très bénéfique d'un aspect d'abord physique, puisque je me suis amincie tout au long de l'année, puis, pour sentir mon corps, surtout, l'intérieur de mon corps. Muscles profonds du bas du dos, sternum, mon dos, mes jambes.
J'ai pu prendre conscience de ma dimension, et aussi prendre conscience que même si j'ai un "problème" quelque part comme mes chevilles, et bien ce n'est pas quelque chose qui restera ad vitam aeternam. Je peux, de moi-même changer mon corps, et c'est une des plus grandes choses que j'ai apprise en respiration cette année. Le sternum est maintenant un repère puissant pour moi. C’est un curseur. C'est l'exercice avec les bras qui permet d'ouvrir le sternum qui m'a été le plus bénéfique, qui m'a fait le plus plaisir et qui m'a fait le plus de changement interne. Quand je stresse, ou bien au plateau quand je ne sais pas quoi faire, je me mets dans mon dos et sens mon sternum, cela m'apaise et je me reconnecte avec moi-même, me recentre.
Mon ventre. Grande découverte si j'ose dire; j'ai l'impression que grâce à cette gymnastique, il n'est plus maître de moi, mais que je peux le contrôler. En plus, j'ai toujours eu des maux de ventre, que ce soit digestifs ou autres (j'ai aussi grandi là-dedans car ma maman avait beaucoup de problèmes de ventre, et j'ai quand même l'impression que ça s'est beaucoup imprégné en moi) et depuis la pratique récurrente de notre gymnastique, j'en n’ai que rarement!
Mes moments de difficultés dans la gymnastique, c’est quand mon corps ne suit plus, que je suis trop fatiguée et qu’il ne veut pas agir, faire les battements par exemple... J’aimerais pouvoir maintenant arriver à le forcer dans ces moments-là, à pouvoir passer au-delà de la fatigue physique.
La gymnastique m'a fait prendre conscience de mon bas du corps, sur lequel je n'avais pas de prise, et aussi m'a aidé à l'aimer, et à l'aider.
Le travail de phonation
La mâchoire et la voix ont été des découvertes aussi. Pour ma voix, j'avais eu des retours cet été juste avant mon entrée à l'ESAD, après le concours du compagnonnage à Lyon, auquel Guy Naigeon m'avait pour la première fois parlé de ma voix. Il m'a dit: " il faut absolument que tu travailles les graves de ta voix, mais pas avec n'importe qui, avec quelqu'un de bien"; j'espère avoir l'occasion de le croiser bientôt pour lui dire que j'ai rencontré cette personne!!! Et je suis très heureuse d'avoir découvert cette "voix". Je sens que j'ai plus de possibilités qui s'ouvrent à moi. J'ai fait un peu de chant lyrique et on a découvert que j'étais soprano coloratoure. Au début de l'année, j'avais peur de perdre ma voix si j'allais dans mes graves. Maintenant ce n'est plus le cas!
J’ai eu l’impression de découvrir ma vraie personnalité avec le placement vocal (ce qui est assez logique quand on y pense, mais qui a été tout de même un changement assez émouvant pour moi).
Le travail de l'anche m'a troublée et déboussolée, moi qui pouvais tenir de longues notes en chant sans respirer, là je pouvais à peine aller jusqu'à 6 secondes... Le meilleur score a été 17 ! Mais la moyenne reste 12.
Ce n'est que depuis quelques cours que je comprends et arrive à me servir de mon dos. Mais encore maintenant et pendant longtemps, j'étais embrouillée entre ce que j'avais appris en chant (sortir le ventre, ouvrir les côtes) et ce qu'on apprend ici (tenir mon ventre).
Mais le travail de phonation ça sera la partie qui pour moi reste le plus à explorer, surtout en ce qui concerne les questions d’adresses.
Le lien avec l'interprétation
En ce moment, je me sers plus que jamais de notre travail. Je me calme avec une respiration profonde, et je suis placée a chaque fois que je parle. Il y a une semaine, pour la première fois, j'ai senti deux choses extraordinaires et fondamentales.
Sur une réplique où j'étais dans mes graves, placée, j'ai senti que ma voix démarrait du plus profond de moi entre mon ventre et mon dos, à l'aide de mon sternum qui s'est mis à bouger, et à ouvrir mes côtes sans que le ventre bouge de manière impressionnante.
La deuxième chose, c'est le fait de « tenir entre ». J'ai réussi à le faire en cours, et j'ai compris enfin une bonne partie de notre travail à ce moment-là et j’ai découvert une clef importante de l’interprétation. J’ai été tellement heureuse de pouvoir mettre cela dans le jeu. C’est ce qui m’a donné ma dimension, mon autorité, ma singularité ; j’ai eu l’impression de comprendre à ce moment-là tout ce que je n’avais pas compris dans mes années de formation théâtrale antérieures.
Le lien avec notre vie quotidienne
Je sais que ce travail respiratoire me calme, j’ai moins peur de prendre la parole en public de manière franche. Je me mets dans mon dos dès que j’arrive au travail, et je sais que cela me permet de regarder la situation de derrière, comme de derrière moi-même, mais sans me cacher, et de pouvoir ainsi éviter de me prendre en pleine face des situations déstabilisantes, gênantes. J’ai appris à sentir comment les autres respirent, et je vérifie ça à chaque fois que je dois demander quelque chose à mon employeur. Je le fais maintenant sans bégaiements, avec moins de tremblements dans la voix, donc avec plus d’assurance.
Dès que j’ai un effort à faire, ou même seulement monter des marches, je respire comme en cours, c’est devenu un reflexe. Je me sers de cette respiration en sport aussi.
Hâte d’en découvrir plus !
Joséphine
11/02/2022
« J’ai été diagnostiquée à l’âge de 26 ans d’une endométriose. J’ai toujours eu de très fortes douleurs au moment des règles, mais cela s’est doucement aggravé au fil du temps avec des douleurs plus fortes encore (me mettant proche de l’évanouissement parfois), des douleurs en dehors des cycles, des saignements inopinés...
J’ai débuté la gymnastique respiratoire avec Catherine Rétoré en octobre 2018, lorsque la maladie venait d’être diagnostiquée et que j’avais régulièrement de très fortes douleurs.Cette pratique a été un vrai choc pour moi, si bien que j’ai eu des douleurs au bas ventre durant toute la première nuit qui a suivi le premier cours. Je pense que ces douleurs faisaient écho à ma prise de conscience vécue durant cette séance : je me rendais compte que mon corps était totalement démusclé. À 26 ans, j’avais perdu mon endurance et ma force physique et je me sentais «molle» et enfermée dans un corps qui me faisait souffrir.
Au fil des séances, j’ai senti qu’un mieux arrivait. Aussi bien dans mon endurance, dans les« retrouvailles » avec mes muscles que dans mes douleurs liées à la maladie. Au tout début de la pratique, les phases de « mieux » et de « moins bien » sont immenses. C’est à dire qu’il m’arrivait de n’avoir presque plus de douleurs hors-cycle un jour (et donc de croire à un immense mieux), et d’être pliée en deux le lendemain, en ressentant des douleurs inégalées jusqu’ici. Mais cette phrase est passagère, elle ne dure pas longtemps et le mieux « durable » arrive très vite (bien plus vite que je ne l’imaginais).
Les premiers effets positifs sont apparus chez moi dès le 3ème mois de pratique. Grâce à Catherine, j’avais confiance en la gymnastique respiratoire, j’étais convaincue des effets bénéfiques qu’elle pouvait avoir sur le corps. De ce fait, j’ai travaillé sans relâche chez moi. Avec le rythme de vie que j’avais, j’ai eu du mal à faire 10min de pratique tous les jours, mais j’essayais de m’y tenir le plus possible. Je pense que c’est aussi en s’entraînant ainsi, très régulièrement, que les effets positifs arrivent.
En janvier (3ème mois de pratique), j’ai eu mon premier mois sans douleur d’endométriose. Ou en tout cas avec des douleurs extrêmement réduites, si petites qu’il m’était possible de souffler « dessus » pour les faire partir rapidement et vivre ma première journée de règles comme si je vivais un jour « normal ». En 3 mois, j’étais passée du « pire » au « normal », voir au « meilleur ».
A la suite de ce cycle idyllique de janvier, comme pour me rappeler que rien n’était gagné d’avance, j’ai eu des douleurs excessivement fortes le cycle suivant. Là encore, j’ai continué à pratiquer de plus belle et le mois suivant, j’ai retrouvé un mois plus calme. Avec des douleurs de temps en temps, mais rien d’insurmontable.
Après huit mois de pratique, voici mes constatations : il est indéniable que cette pratique m’a littéralement sauvé la vie. Il m’arrive encore d’avoir des douleurs d’endométriose puisque la maladie sera toujours là, mais ce ne sont plus des douleurs comme avant : je n’ai plus de douleur hors-cycle depuis la fin du deuxième mois de pratique et plus aucune douleur avant le cycle. Lors de la première journée de règles, ce sont des petits picotements, des pincements, que je fais partir rapidement en « soufflant » dessus. Parfois j’ai des cycles avec des douleurs étourdissantes, mais ils sont rares et ne sont pas là par hasard, ils accompagnent des mois difficiles et chargés en émotions diverses.
Je pense que l’un des atouts incroyables de cette pratique est qu’elle nous permet d’acquérir des clés pour souffler sur les douleurs. Et pas seulement sur celles d’endométrioses. Dès que je sens un petit refroidissement ou début d’angine, je pratique la respiration et je n’ai plus rien le lendemain. Cette pratique nous permet de soigner notre corps par nous-même, sans médicaments*, juste avec le souffle et le massage de nos organes.
Catherine a été formidable avec moi et m’a indiqué les positions importantes à maîtriser pour aider le corps à se « nettoyer » des plaies causées par cette maladie. Elle m’a appris les fondamentaux qui me servent aujourd’hui à souffler sur les douleurs s’il y en a, à continuer ce nettoyage sur du long terme. Un enseignement précieux qui me servira à garder cette endométriose silencieuse. »
Élodie O.
*En parallèle de la gymnastique respiratoire, j’ai un traitement homéopathique qui me permet d’être soulagée des douleurs lorsque j’ai un cycle compliqué, cela me permet de ne plus prendre aucune médecine allopathique.
12/05/2021
Voici mon témoignage sur les séances de maitrise respiratoire suivies à l hôpital de Blois depuis février 2017.
Je suis médecin dermatologue retraitée depuis 2013, et c'est une amie médecin généraliste qui m'a parlé avec un tel enthousiasme de sa semaine en Corse a l’Aria avec Alan Boone sur la maîtrise du souffle en 2016 que je me suis rendue à l’hôpital de Blois pour assister à la restitution de leur travail. Et là, sans jeu de mots, le souffle coupé, le choc et la pensée immédiate avec une certitude absolue : moi, c'est ça que je cherche depuis des années, sans savoir que c’était ça que je cherchais. Je m’étais installée au premier rang et ce que j'ai ressenti était vraiment très fort : une énergie et une force incroyable. Et je me suis dit, je ne lâche pas, il faut absolument que je me branche là-dessus.
J’ai donc suivi les séances avec Catherine Retoré : quand on la regarde faire l'exercice, ça parait très facile. Quand on s'y essaie, on se rend compte qu'il faut à la fois la maîtrise, la concentration et la détente et on comprend très vite que c'est difficile, que le chemin va être long mais riche à tous niveaux. Chacune des paroles de Catherine est d'une justesse incroyable et pénètre corps et âme. Chaque séance apporte une compréhension physique et mentale nouvelle et fait que surtout on est de plus en plus persuadé qu'il faut pratiquer seul certes mais aussi avec quelqu'un qui vous reprend, vous aide, vous guide.
Et ce qui est impressionnant aussi, c’est le calme qui survient très vite après 1/4 d’heure de travail. Le groupe arrive, il est agité, bruyant, un peu indiscipliné parfois et très vite, l'atmosphère devient différente : concentration et travail, exigence et toujours bienveillance du formateur.
J'ai toujours eu la gorge nouée, coincée, je ne peux pas chanter et je sens que des noeuds se déverrouillent.Je me surprends à commencer à chanter......
Quand on est avec quelqu'un qui va mal, qu'on ne sait trop quoi faire ni quoi dire, respirer et lui demander de copier ce qu'on fait et donc respirer ensemble, cela est une aide extraordinaire et puissante, gratuite, sans effet secondaire indésirable et qui apporte du soulagement et se termine souvent par des éclats de rire qui sont aussi libérateurs.
Mon dernier petit-fils, Ulysse, 2 ans, dans sa phase prononcée d'opposition, me regarde respirer : expiration brèves en cadence. Quand j’arrête, il me dit : « encore Mamie », mais pas sur un mode exigeant. Que ressent-il ? Que perçoit-il ?J’exporte la méthode, j'en parle, je montre à mon niveau : je sens que l'entourage est interpellé et intéressé.
J’ai commencé ce matin par 1/2 heure de travail respiratoire avec l’enregistrement audio de Catherine. L’esprit est plus clair, la tête à l'endroit.Quand je repense aux premiers essais, j'étais incapable de coordonner les mouvements, tout se mélangeait et petit à petit, les choses se mettent en place.Dans la vie quotidienne, j 'essaie le plus possible de me recentrer sur la respiration et je sais que si j'étais encore en activité professionnelle, j’utiliserais cet outil en consultation.
Voilà où j'en suis et mon enthousiasme ne faiblit pas. Je me suis inscrite à l'association à Paris et j espère qu'elle sera reconnue officiellement organisme de formation. Je pars faire un stage en Corse à l’Aria à mes frais et j’espère pouvoir en faire un autre sur Paris.
Dominique
09/06/2018
"À l’âge de 11 ans, la pratique d’un instrument à vent m’a permis de prendre conscience de la respiration. Je sens alors une ivresse qui accompagne la sensation du flux, et aussi une souffrance dès que quelque chose se dérègle. Il m’arrive de ne pas aller au bout de mes phrases sans savoir pourquoi, ou encore que l’instant de l’inspiration soit laborieux et rende mon interprétation hachée. Pendant certains concours de fin d’année, toute la mécanique semble se coincer, je suis en panne, incapable de construire une colonne d’air correcte. Une sorte de panique m’envahit et accélère le chaos intérieur. Mes professeurs, excellents flûtistes et convaincus que je suis bonne musicienne me disent : « Catherine ! Respire ! » Oui, mais où ? Quoi ? Comment ?
Je prends un paquet d’air… Bien évidemment c’est pire, je me noie… J’ai travaillé plusieurs années dans le brouillard. Les uns parlaient de style, d’autres de son, de rythme, de musique, de mental, de psychologie, et quand ils parlaient de respiration… Mon dieu, au secours ! Je restais tributaire de la façon dont j’abordais les choses, au petit bonheur la chance, et perdais de plus en plus confiance en moi.
Vers 18 ans, je suis entrée au Conservatoire d’Art Dramatique de Paris, il y avait un cours de respiration et phonation dirigé par Jean-Pierre Romond. Dès que je me suis mise au travail, j’ai senti que j’étais au cœur des choses et que tous les conseils qui m’avaient été donnés jusqu’alors n’étaient que malentendus. Jean-Pierre Romond connaissait son affaire sur un sujet totalement méconnu. La difficulté du chantier, à mon grand étonnement, ne m’a pas découragée. Au contraire, j’ai senti s’ouvrir devant moi une sensation d’immensité. Ma leçon a duré trente ans. J’ai toujours vu Jean-Pierre Romond avancer dans ses découvertes, rien de gelé dans son enseignement, rien de figé dans sa manière d’être et de comprendre. Il ne tolérait aucune zone d’ombre et nous disait souvent : « Vous devriez être une question en permanence. » Il se permettait de dire la vérité à n’importe quel élève là où régnait pas mal de démagogie. Il aimait l’humilité, il savait qu’elle était indispensable pour la réalisation de cette révolution intérieure. Il se méfiait de nos facilités, il considérait notre organisme - qui pour la plupart d’entre nous était démoli, et exigeait de nous que l’on y mette de l’ordre et que l’on s’attelle à le relever. « Tu es à l’envers » pouvait interrompre nos justifications quand nous rations un exercice. Le professeur montrait le chemin et levait les inhibitions : à nous élèves d’avancer vers la réussite, elle-même tributaire de la qualité de notre introspection. Jean-Pierre était à contre-courant du discours officiel sur la question respiratoire, il luttait sans compromis contre le bourrage d’air, le gonflage de ventre, l’écartement des côtes et l’importance systématique donnée à la capacité pulmonaire.
Le problème est que bien souvent la respiration est décrite par des personnes qui ne la maîtrisent pas. Celles qui respirent bien, en l’absence de sensation définie, ne peuvent pas l’enseigner. Jean-Pierre Romond était musicien, trompettiste, il avait vécu dans sa chair les erreurs respiratoires. Le verdict avait été sévère : au bout d’une vingtaine d’années de pratique, une courbature de lèvres s’était déclenchée, l’obligeant à « ranger l’instrument » et remettre tout à plat. Puis, il a rencontré Paule Sandra, fondatrice dans les années 50 à Paris d’une méthode de gymnastique respiratoire. Personne de génie et d’une grande précision, elle s’adressait à beaucoup d’artistes confrontés à des problèmes apparemment insolubles et les rééduquait. Elle lui a permis de prendre son corps en main et de s’étudier avec précision de la tête aux pieds. Jamais il ne nous a caché ses périodes de difficulté, au contraire il les valorisait, car elles lui avaient donné la force d’entreprendre ce travail de mise à nu.
Il citait souvent le trompettiste Robert Pichaureau : « Un artiste sommeille en chacun, sans exception. Ses racines prennent force dans son être profond. Il appartient à chacun de faire cette remise en question qui assure l’évolution de l’être humain. » Cette pensée est à la base d’une pédagogie qui tient compte d’un respect profond pour la personne. Cette approche pédagogique s’apparente plutôt à un travail artisanal, un dispositif relevant d’une sorte de compagnonnage. Oui, ma leçon avec lui a duré trente ans, elle a été difficile, passionnante, déterminante. Ma dernière séance s’est déroulée en juillet 2007 auprès d’un être totalement épanoui et souriant. Il est décédé un mois plus tard.
Si une porte se refermait, une autre s’ouvrait, grâce à toute la vitalité et la confiance qui s’étaient déposées en moi. La pratique de l’expiration donne accès à un désir irrépressible d’avancer, d’incarner, et aujourd’hui de nombreux élèves de tous les âges et horizons partagent avec moi cet enseignement."
26/05/2017
"Je souhaite vous faire part de ce que je ressens pendant et après chaque séance de souffle. Après la première séance de souffle, je n'arrivais pas à me tourner dans mon lit le matin car j'avais une barre au diaphragme. Ca s'est passé dans les 2 jours qui ont suivis ainsi que des courbatures. Deux jours plus tard, en me levant, j'ai beaucoup pleuré. Je fais du travail énergétique sur moi depuis un certain temps et j'ai compris que cette séance m'a permis de libérer quelque chose qui restait bloqué malgré mes autres outils.
A partir de ce moment là, j'ai eu très envie d'aller plus loin en continuant les séances et en accueillant ce qui se passe après. Pendant la séance, c'est difficile car je réapprends à respirer alors que volontairement je m'étais coupée de mon corps pour ne plus sentir. Je sens une réunification de mon corps et de mon esprit, et certaines sensations que j'avais rangées dans un tiroir rejaillissent.
Dans ma profession d'aide-soignante, je l'ai mis en application avec un patient constipé qui se contractait pour pousser. Je lui ai demandé de me mimer et j'ai respiré avec lui. Les deux fois où nous l'avons fait ont été concluantes.
Je suis consciente que je ne pratique pas quotidiennement cette gymnastique, c'est pourquoi le cours de Catherine m'apporte une vraie libération."
Véronique
18/05/2017
Mes plus profonds remerciements à Madame le Dr Osterreicher pour m’avoir permis de tester la méthode Metge-Sandra à travers les séances de Catherine Rétoré, et cela dans le but de venir en aide à mes douleurs chroniques du bas du dos, là où sont bloqués certains de mes traumatismes.
Cette méthode est une gymnastique respiratoire basée sur l’expiration spontanée profonde. Les exercices se pratiquent en douceur pour ne pas être dans la douleur, juste avec un effort sur le souffle qu’il nous faut maîtrise. Le travail qui nous est demandé a pour but, entre autres, de développer les muscles profonds des abdominaux et des dorsaux et d’élargir la cage thoracique, ce qui aide à évacuer le stress accumulé.
Les bienfaits sont surprenants. Il en découle une sensation immédiate de légèreté et un agréable bien-être.
Merci, Docteur, pour cette prodigieuse découverte. Puissent la persévérance et la patience me conduire vers une santé meilleure.
Je salue le soleil qui est en vous.
Évelyne